syndrome rotulien : un diagnostic non diagnostiqué !

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pas besoin de finir sur les rotules pour être atteint !

Si vous saviez à quel point le syndrome rotulien était sujet à controverse au sein du paysage médical… même son appellation reste variable : “genou du coureur”, syndrome fémoro-patellaire, syndrome douloureux antérieur du genou, chondromalacie…

Une petite mise au point sur ce syndrome : il a été corrélé comme étant, la plupart du temps, lié à des activités physiques comme le running par exemple ; néanmoins, il existe des individus atteints qui sont, malgré tout, sédentaires.

Le syndrome rotulien touche beaucoup les personnes qui commencent ou reprennent la course à pied de manière “intensive” dès le départ… mais le simple fait de courir n’en est pas la seule explication. Sachez que d’autres facteurs interviennent sur la probabilité de développer pareil syndrome : une faible condition physique, des chaussures inappropriées, un “déséquilibre” musculaire lié à une blessure antérieure mais aussi les sportifs pratiquant des gestes répétitifs comme sauter, plier le genou comme dans le squat (c’est pour ça qu’il est important de savoir positionner ses genoux lors du squat) ; si vous ne le saviez pas, pratiquer une activité physique n’est pas quelque chose qui s’improvise, systématiquement une préparation physique personnalisée devrait avoir lieu en amont !

Nous vous donnons aujourd’hui quelques indications sur la symptomatologie, les traitements les plus conservatifs possibles afin que vous ne finissiez justement pas sur les rotules !

syndrome fémoro-patellairE, ENCORE UN TERME MéDICAL, DE QUOI S’AGIT-IL ?

Un syndrome n’est pas une maladie mais un ensemble de symptômes qui, réunis, forment une atteinte reconnaissable et qui, sans laisser comprendre la cause, orientent vers un diagnostic. Dans ce cas-ci, le diagnostic étant une douleur antérieure du genou autour de la rotule, après exclusion de toute lésion intra-articulaire (atteintes ligamentaires, articulaires, méniscales, etc).

Généralement, cette douleur antérieure du genou résulte d’un mauvais cheminement de la rotule lors des mouvements de l’articulation (flexion/extension principalement) augmentant ainsi les pressions entre les facettes articulaires : visualisez cette contrainte un peu comme si vous pressiez un bouton ; vous augmentez la pression entre le bouton et son support, sauf que la rotule, elle, n’a pas besoin d’être comprimée mais de glisser sur cette surface notamment lors de la flexion du genou ; imaginez donc les contraintes données à tout ce système articulaire de manière répétitive. On comprend très vite, pourquoi les coureurs, sont plus facilement atteints : la course à pied est effectivement un enchainement de flexion/extension du genou avec augmentation de pression articulaire…

Nous évoquions dans notre précédent article Les clés de la tendinopathie de l’épaule, comme l’épaule devait être une articulation relativement mobile ; à contrario, le genou se doit d’être une articulation relativement stable. C’est un vrai système qui stabilise l’articulation : les ligaments agissent comme des freins, les ménisques à la manière des amortisseurs de choc, le cartilage permet un bon glissement des surfaces entre elles à la manière d’un lubrifiant et enfin les muscles permettent de maintenir le système “équilibré”, c’est-à-dire de suivre le bon trajet lors d’un mouvement spécifique ; il suffit qu’un muscle en ayant perdu son tonus se retrouve à ne plus maintenir l’articulation dans l’axe en question et le tour est joué… Le syndrome fémoro-patellaire peut survenir (bien évidemment ce n’est pas le seul facteur) !

qu’est-ce qui cause donc ce syndrome ?

Voici le moment où la controverse commence… On a appelé longtemps ce syndrome, le “genou du coureur”, car environ 1/3 des patients atteints étaient des coureurs mais entre temps des études ont été réalisés et elles n’ont pas montré de corrélation évidente entre la course à pied et la survenue du syndrome : on ne peut donc pas fermement affirmé qua la course à pied en soit la cause évidente.

D’autres facteurs ont, néanmoins, montré leur influence :

  • une condition physique “faible” : c’est l’état dans lequel vous êtes quand vous commencez une activité ou que vous la reprenez après avoir arrêté… Notamment dans le HIIT training qui nécessite répétition et enchainement de burpees, squats, fentes, etc ;

  • un traumatisme direct du genou (récent ou antérieur)

  • être en surpoids : le genou est une articulation qui ne peut pas supporter de poids au même titre que la cheville de par sa configuration ;

  • commencer une activité physique de manière vigoureuse et ce, trop rapidement ;

  • augmenter la distance ou l’intensité de course de manière trop rapide ;

  • des antécédents médicaux d’arthrose du genou ou de maladie auto-immune qui attaquent les articulations ;

  • malheureusement, le genre s’en est mêlée, les femmes sont deux fois plus touchées que les hommes : cela pourrait se justifier par la conformation des hanches généralement plus larges chez la femme que chez l’homme ce qui affecte la manière dont les forces sont réparties sur les genoux ;

  • être un adolescent ou jeune adulte

Quels symptômes pour orienter vers ce diagnostic ?

Le diagnostic du syndrome rotulien est la plupart du temps “clinique”, c’est-à-dire, qu’il repose sur l’interrogatoire et l’examen physique du patient ; généralement on ne fait pas pratiquer d’examens complémentaires au patient en première intention :

  • douleur ou “battement” sur la face antérieure du genou, le patient peut parfois montrer un cercle autour de la rotule : cette douleur peut être variable en fonction de la journée ou des mouvements jusqu’à atteindre des périodes aigües parfois

  • signe du “cinéma” : position assise prolongée réveille la douleur ;

  • provoquée par montée/descente des escaliers, faire un squat, courir (fréquemment survient après 10 mins d’effort),

  • sensibilité et parfois gonflement à l’avant, en de-ça ou à l’arrière du genou ;

  • sensation de faiblesse ou dérobement du genou,

  • parfois rougeur et/ou chaleur

  • un bruit articulaire dans le genou lors du mouvement de l’articulation

TRAITEMENT CONVENTIONNEL médical

Bon nombre de médecins choisissent d’administrer des injections de corticostéroïdes afin de réduire l’inflammation associée à la gonalgie. Malgré les bénéfices de l’injection, cela ne remédie pas à la mécanique sous-jacente altérée qu’il faudra adresser tôt ou tard car les injections ne peuvent pas être administrées sur le long terme. Les clés thérapeutiques de ce syndrome résident dans l’étirement, le repos partiel ou total de l’articulation, le renforcement et pour l’approche plus globale, adresser la posture.

l’ordonnance ostéo

  1. Ralentir la cadence sportive : il ne s’agit pas d’arrêter complètement votre activité néanmoins d’en diminuer la fréquence et/ou l’intensité peut déjà être une bonne alternative ; généralement, on constate que l’arrêt total de l’activité physique a un effet frustratif chez le patient

  2. Consulter un thérapeute manuel (kinésithérapeute, ostéopathe, chiropracteur) ; encore une fois ces pratiques sont relativement complémentaires : allier le travail kiné-ostéo ou kiné-chiro est une bonne alternative à condition qu’ils collaborent ensemble sur votre plan de traitement

  3. Quelque soit votre thérapie manuelle, les axes thérapeutiques seront les suivant :

    • les étirements des muscles quadriceps, ischio-jambiers, principalement

    • le renforcement du muscle vaste médial est très souvent la clé dans ce syndrome (maintenant ce n’est pas la solution pour tous les cas cliniques)

    • l’auto-massage des tissus mous de la zone péri-rotulienne est d’une aide relative alors pourquoi s’en priver

    • la mobilisation de la rotule dans des axes spécifiques

  4. Réduire l’inflammation de l’articulation en adoptant une alimentation alcaline comme expliqué dans notre précédent article Nutrition alcaline : une thérapie à part entière

  5. Appliquer certaines huiles essentielles et masser la zone, l’huile essentielle de gaulthérie couchée a fait ses preuves sur les douleurs musculo-squelettiques.

Cet article ne prétend pas remplacer la consultation d’un médecin ou d’un praticien de santé en thérapie manuelle alors n’hésitez pas à consulter.