ce qui se passe lorsque les fessiers sont faibles…

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C’est le moment de serrer les fesses…

Si l’importance des muscles fessiers étaient renseignée, cela éviterait bien des désagréments et, en tant que praticien en thérapie manuelle, nous aurions bien moins de travail ! Il ne s’agit pas aujourd’hui de vous convaincre d’avoir le fessier d’une des Kardashian pour Mesdames, ou d’un bodybuilder pour Messieurs, mais d’avoir simplement des muscles capables de répondre aux contraintes quotidiennes.

Les fessiers sont les muscles qui vous permettent d’écarter la jambe du centre du corps lorsque vous êtes en position debout ou allongés sur le côté : ce mouvement s’appelle l’abduction. Ces muscles, au nombre de trois, permettent d’assurer la stabilité du bassin notamment durant la marche, la course à pied et d’autres activités. La faiblesse de ces muscles fessiers est, très souvent, voire systématiquement, en lien avec des atteintes fonctionnelles des membres inférieurs (membre inférieur : hanche, genou, cheville, pied) telles que :

  • l’entorse de cheville

  • le syndrome rotulien qui est une douleur antérieure du genou qui s’aggrave notamment lors de montée d’escaliers, des squats ou encore une position assise prolongée,

  • le syndrome de la bandelette ilio-tibiale qui affecte notamment les coureurs longue distance,

  • la tendinite des muscles fessiers

  • etc

Nul besoin de préciser qu’en portant l’attention sur ces muscles, on peut rétablir la mécanique du membre inférieur et ainsi guérir ou prévenir les atteintes citées ci-dessus. Pour autant, il faut savoir comment les diagnostiquer, et les renforcer, une chose est sure ce n’est pas une prise en charge qui s’improvise, elle nécessite une supervision relativement spécifique et personnalisée par un thérapeute manuel, ou un préparateur physique.

Qu’est-ce que les muscles fessiers ? oui car il n’y en a pas qu’un mais trois !

Les muscles fessiers sont au nombre de trois :

  • le muscle grand fessier, le plus superficiel

  • le muscle moyen fessier, un peu plus en avant et recouvert par le grand fessier,

  • le muscle petit fessier, situé plus profondément,

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Les facteurs qui contribuent a la faiblesse de vos muscles fessiers…

Il existe plusieurs facteurs, considérés comme étant déclenchant, quand on parle de faiblesse des muscles fessiers, généralement celui le plus touché est le muscle moyen fessier.

Médicalement, ces facteurs incluent une déchirure des muscles qui tapissent la hanche extérieurement dont les fessiers font partie ou la luxation congénitale de hanche (congénital signifie que vous êtes nés comme cela, parfois le diagnostic est posé à la naissance, ou il reste inaperçu jusqu’à l’âge adulte autour de 30-40 ans).

Mécaniquement, et c’est ce que la plupart des thérapeutes manuels considèrent, parmi les kinésithérapeutes, ostéopathes ou encore chiropracteurs, cela peut être déclenché par de mauvaises positions quotidiennes et répétées telles que :

  • se tenir debout en mettant plus de poids sur une jambe plus qu’une autre avec le bassin légèrement “décalé” sur le côté,

  • croiser une jambe sur l’autre en position assise,

  • dormir sur le côté avec la jambe du haut fléchie et qui, au lieu de tomber sur l’autre jambe, passe par-dessus et tombe sur le lit

  • position assise prolongée (notamment au travail)

Ces différentes positions ont tendance à rendre les muscles fessiers faibles dû au fait de les garder en position “allongée” ou “étirée” pendant une période de temps trop longue. Est-il utile de préciser que des exercices d’étirement ne sont pas appropriés quand pareil diagnostic peut-être posé mais qu’a contrario, il convient de donner des exercices de renforcement qui ont pour cible les muscles fessiers ? Non, inutile, c’est bien ce que nous pensions !

le diagnostic

S’il est d’ordre médical, c’est généralement, le médecin orthopédiste qui le pose lors de l’examen clinique et s’il est d’ordre mécanique, dans ce cas, votre kinésithérapeute, ostéopathe ou chiropracteur devrait être en mesure de vous donner une orientation diagnostique… N’oubliez pas de ne pas mettre tous vos œufs dans le même panier : il est toujours bon d’obtenir plusieurs avis cliniques.

6 signes qui feraient évoquer une faiblesse des fessiers

Une fois de plus, n’attendez pas d’être au pied du mur pour prendre en charge une atteinte locomotrice : il est possible encore de guérir voire de prévenir… Si vous avez une douleur et qu’elle est spontanément révolue, ne vous dites pas que cela va mieux, elle reviendra sûrement quelques années plus tard en version amplifiée, d’où l’intérêt de faire objectiver le problème par un professionnel !

  • Mauvaise posture

  • Douleur à la hanche ou au genou, sans raison identifiée

  • Incapacité de rester debout sur une jambe

  • Douleurs lombaires

  • Vous n’avez jamais de courbatures aux fesses même quand vous faites des exercices ciblés

  • Douleurs et/ou inflammation au niveau du/des talon(s)

l’ordonnance

  1. La thérapie manuelle est d’une grande aide mais n’est pas l’ultime thérapie mise en jeu dans cette approche

  2. Mettre le paquet sur le renforcement thérapeutique des muscles fessiers :

    • commencer par des exercices d’endurance musculaire ou d’activation afin de ne pas stresser le muscle trop vite et trop fortement

    • enchainer sur des exercices de contrôle moteur

    • continuer avec des exercices avec résistance (à l’aide d’une bande élastique) ou poids

  3. Accompagner ce renforcement par des étirements fonctionnels d’autres muscles qui sont impliqués dans un mouvement opposé à celui des fessiers et qui contribueraient à entretenir une mécanique désharmonisée

La prise en charge de la faiblesse des muscles fessiers voit ses résultats sur des programmes pratiqués au-delà de 6 semaines en moyenne, dépendant ainsi de la pathologie qui est impliquée. L’effort doit être progressif et généralement sans douleur. Un seul mot d’ordre PATIENCE.

Pour plus d’informations, consultez un praticien de santé ; cet article ne prétend pas le remplacer.